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  • Juan Carlos Duque

LES CAUSES DU DESEQUILIBRE DU SYSTEME MUSCULAIRE


Nous avons mis en évidence une liste des causes essentielles qui sont la nature de la constitution du squelette, l’orientation du regard, les habitudes positionnelles, la pesanteur et l’inégalité des systèmes musculaires. Mais il est évidemment admis que cette liste n’est pas exhaustive.

A – NATURE DE LA CONSTITUTION DU SQUELETTE

Le squelette est fait de telle manière qu’il favorise une gestuelle antérieure. Il existe en effet une succession de « charnières » dans le squelette dont l’ouverture et la fermeture favorisent une mobilité orientée dans le sens antérieur. Et l’organisation du système musculaire facilite cette dynamique vers l’avant beaucoup plus aisée que dans tous les autres sens.

B – ORIENTATION DU REGARD

Ouvert à 180° vers l’avant, il favorise également une gestuelle antérieure qui sera toujours prédominante et l’utilisation du système musculaire se fera, au quotidien, dans des angles toujours identiques et de façon répétitive.

C – HABITUDES POSITIONNELLES

Ces facteurs favorisant le déséquilibre seront confortés par les habitudes positionnelles professionnelles, sportives, de loisir ou par les habitudes positionnelles liées au tempérament (par exemple l’attitude du timide qui adopte une position craintive, le dos voûté, les épaules en avant etc...)

Ces trois paramètres constituent en fait les premières sources du déséquilibre.

Deux autres éléments importants vont jouer un rôle actif dans le processus du déséquilibre du système musculaire et vont, sous la dépendance des prédispositions sus-citées, constituer les véritables causes déclenchantes de ce phénomène du vieillissement,la pesanteur et le mouvement. Leur implication sera primordiale dans le processus entraînant le déséquilibre physiologique du système musculaire.

D –PESANTEUR

Cette fameuse pesanteur mise en évidence par Newton et dont on ignore encore aujourd’hui l’origine, continue à nous écraser tous les jours. Nous luttons contre elle toute la vie mais elle finit toujours par nous terrasser un jour. Les effets de la pesanteur et du mouvement ont connu une tentative de mesure par une équipe du service d’orthopédie de la clinique des Cèdres à Grenoble animée par le Docteur Jean-Claude PANISSET et Jacques BOUTIN, Kinésithérapeute. Cette équipe a appliqué à 200 nouveau-nés des tests de raideurs (Lasègue). Les résultats sur 4 ans ont mis en évidence plusieurs observations intéressantes :

1) Il existe 40° d’écart entre les bébés les plus souples et les bébés les plus raides (ce qui démontre des inégalités d’origine génétique, entre les êtres à la naissance.) 2) Les filles sont plus souples que les garçons (5 à 6° d’écart). 3) Entre la maternité et l’école maternelle (4ans), les mêmes bébés s’enraidissent en moyenne de 14°. Cette période correspond à la verticalisation progressive du bébé confronté à la pesanteur et à l’intensification de l’activité physique.

E –INEGALITE DES SYSTEMES MUSCULAIRES

Elle est surtout évidente entre la chaîne antérieure et postérieure. En effet, ces deux chaînes musculaires sont totalement différentes tant sur un plan physiologique que sur un plan structurel.

- Sur le plan physiologique

, les chaînes antérieures sont beaucoup plus riches en « fibres rapides » à contraction dynamique, c’est-à-dire celles qui nous propulsent vers l’avant tandis que les chaînes postérieures possèdent un pourcentage plus élevé de « fibres lentes » à contraction statique c’est-à-dire celles qui luttent contre la pesanteur et jouent un rôle de maintien de la statique du squelette. Les chaînes riches en fibres « dynamiques » favorisent le mouvement, l’impulsion. Elles sont plus rapidement fatigables que les fibres lentes. Les chaînes pourvues d’une majorité de fibres « statiques » s’opposent à l’action de leurs antagonistes afin de contrôler et de maintenir une distance égale entre elles et le centre de gravité. Cette opposition entre ces différents types de fibres constitue le garant de l’équilibre du corps.

Sur le plan structurel,

c’est surtout au niveau du tronc que l’on trouve la plus grande différence entre les deux chaînes antérieures et postérieures car au niveau des membres inférieurs, la symétrie est parfaite,les muscles ont les même points d’ancrage osseux au niveau du fémur, au niveau des tibias et au niveau des os pédieux. Au niveaudu tronc, si l’on suit le contour du profil d’un squelette, on observe que les muscles postérieurs ont des points d’ancrage tout le long de leur trajet. En partant du haut, on note des attaches sur le crâne, sur la colonne cervicale, sur les côtes, sur les vertèbres dorsales, sur les omoplates, sur les vertèbres lombaires, sur le bassin. Lorsque l’on suit le trajet des chaînes antérieures, celles-ci ont des points d’ancrage symétriques au niveau de la face, de la colonne cervicale, puis sur le grill costal jusqu’aux dernières côtes et l’appendice xiphoïde. Ensuite, on découvre une solution de continuité du squelette depuis la base du grill costal jusqu’aux branches pubiennes. Sur tout ce trajet, les muscles n’ont plus aucun point d’ancrage.

Par Georges A. HALATAS Kinésithérapeute - Lyon


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